[Tribune libre] Nous n’avons pas besoin de 14 juillet

14 juillet 2012
« Le jour du Quatorze Juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas. »
Georges Brassens, La Mauvaise réputation

La date du 14 juillet a été fixée comme fête nationale par la loi du 6 juillet 1880. Depuis Napoléon, on la fêtait clandestinement, l’Empereur l’ayant interdite de crainte que les festivités n’incitent à de nouvelles émeutes, comme le jour de la prise de la Bastille. Dans l’émission L’Ombre d’un doute (11 juillet 2012), on apprend que « ce qui était une fête populaire, avec des mouvements de foule, des processions, des parades devient [en 1880, dix ans après la victoire allemande et la perte de l'Alsace-Lorraine] une fête militaire, un défilé militaire ». Le 14 juillet revient donc en grâce mais transformé, conçu pour remonter le moral des Français, en berne depuis la sentence de Sedan. Le 14 juillet nait dans un contexte de chauvinisme sur la défensive, tel un animal blessé. Le défilé doit jouer sur les consciences : les Français sont psychiquement mobilisés par la solennité du clairon, des tambours et de l’écho des bottes qui frappent les pavés, en attendant d’être mobilisés physiquement pour venger l’affront qu’un « sang impur » osa leur faire dix ans plus tôt. Autant vous dire que Pierre, quand il assiste au défilé derrière le cordon de la maréchaussée, il pense plus à casser du schleu qu’à rêver de l’Europe-puissance…

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